Alger et le littoral
Alger la Blanche, la Casbah classée UNESCO, les ruines romaines de Tipasa face au Chenoua et les criques de la Kabylie maritime, sur 400 km de côte méditerranéenne.
Alger et son littoral forment la façade méditerranéenne de l'Algérie, une bande côtière de moins de 100 kilomètres de profondeur où se concentrent l'essentiel de la population du pays et la majorité de son patrimoine urbain. Depuis notre agence du centre d'Alger, nous voyons la capitale s'étager en amphithéâtre au-dessus de la baie : la Casbah ottomane en haut, classée à l'UNESCO depuis 1992, puis les boulevards haussmanniens du XIXe siècle, et enfin le port et la Pêcherie en contrebas. Les ruelles de la Casbah grimpent à 30 degrés de pente, ponctuées de fontaines, de douirate (petites maisons à patio) et de palais comme Dar Hassan Pacha ou Dar Mustapha Pacha.
À l'ouest de la capitale, la côte se déroule vers Tipaza, à 70 kilomètres, où les ruines romaines de l'antique Tipasa occupent un promontoire face à la mer, avec le massif du Chenoua (905 mètres) en arrière-plan. Le site, fouillé depuis les années 1890, a été immortalisé par Albert Camus dans Noces. Plus loin, Cherchell conserve un petit musée archéologique avec des sarcophages et mosaïques de l'époque de Juba II, roi de Maurétanie. La route côtière continue ensuite vers Ténès et Mostaganem, moins fréquentée et plus sauvage.
À l'est, la corniche change de visage. Passé Boumerdès et Dellys, on entre en Kabylie maritime : les contreforts du Djurdjura plongent dans la mer, créant des criques accessibles uniquement par sentier. Béjaïa, ancienne Bougie médiévale qui a donné son nom à la bougie de cire, occupe une baie protégée par le Cap Carbon et son phare perché à 220 mètres au-dessus de l'eau. Le parc national de Gouraya, qui domine la ville, abrite encore quelques magots, ces macaques endémiques de l'Atlas.
Le climat méditerranéen rend la région praticable toute l'année. Les étés sont chauds mais ventilés par la brise marine, autour de 28 à 32 degrés à Alger en juillet-août. Les hivers restent doux, entre 12 et 15 degrés en journée, avec des épisodes de pluie concentrés entre novembre et février. Les intersaisons, avril-mai et septembre-octobre, sont les périodes que nous recommandons à nos voyageurs : températures de 20 à 25 degrés, mer encore baignable en septembre, lumière douce sur les ruines.
Sur le plan culturel, cette bande côtière concentre les strates historiques de l'Algérie : comptoirs phéniciens à Tipasa et Cherchell, villes romaines, médinas ottomanes du XVIe au XIXe siècle, urbanisme colonial français, et architecture post-indépendance. La cuisine locale reflète ce métissage : chorba frik à base de blé concassé, dolma aux feuilles de vigne, makrouts à la pâte de dattes des pâtisseries de la rue Didouche-Mourad, café maure servi dans les fondouks de la basse Casbah. Les marchés de Bab El Oued et de Belouizdad fournissent en poisson frais (sardine, rouget, mérou) que l'on grille simplement dans les gargotes de la corniche.
Économiquement, la région vit du port d'Alger (premier du pays), de l'administration, du tertiaire et d'un tourisme essentiellement national. Le tourisme international reste discret, ce qui signifie pour nos voyageurs des sites peu fréquentés, mais aussi une logistique qui demande une organisation locale solide : taxis pré-réservés, guides agréés pour la Casbah, billetterie des sites archéologiques. C'est exactement ce que notre équipe gère depuis Alger.
À découvrir
La Casbah d'Alger à pied. Trois heures de marche depuis la place des Martyrs jusqu'à la citadelle, en passant par la mosquée Ketchaoua et les palais ottomans. Pentes raides, escaliers usés, odeurs de menthe et de café dans les cours intérieures.
Tipasa au coucher du soleil. Les ruines de la basilique chrétienne et du forum romain sur leur promontoire, face au Chenoua. Visite en fin d'après-midi quand la lumière rase les colonnes et que les groupes scolaires sont partis.
Cap Carbon et parc de Gouraya. Randonnée de 2 heures au-dessus de Béjaïa jusqu'au phare, avec passages en balcon sur la Méditerranée. Possibilité de croiser des magots en liberté dans les pinèdes.
Le mausolée royal de Maurétanie. Tombeau circulaire de 33 mètres de diamètre construit vers 3 av. J.-C., entre Tipasa et Alger, sur une crête à 261 mètres d'altitude. Sépulture présumée de Juba II et Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII.
Le port de pêche de Madrague. Petit port à l'ouest d'Alger où les chalutiers rentrent en fin de matinée. On y mange de la sardine grillée dans des gargotes face à l'eau, à 30 minutes du centre.
Quand y aller
La région d'Alger se visite toute l'année, mais nos périodes recommandées sont avril à juin et septembre à mi-novembre. Au printemps, les températures oscillent entre 18 et 25 degrés en journée, la végétation est verte après les pluies hivernales, et les sites archéologiques de Tipasa ou Djemila restent agréables à parcourir à pied. En automne, la mer reste à 22-24 degrés jusqu'à fin octobre, ce qui permet d'alterner visites culturelles et baignades dans les criques de la Kabylie maritime.
Juillet et août sont chauds (28 à 32 degrés à Alger, parfois plus à l'intérieur lors d'épisodes de sirocco), et la côte est très fréquentée par les Algériens en vacances : hôtels du littoral complets, plages denses le week-end. Nous déconseillons cette période pour une découverte culturelle de la Casbah, où la chaleur dans les ruelles fermées devient pénible. L'hiver, de décembre à février, est doux (12-15 degrés en journée) mais pluvieux, avec environ 100 mm de précipitations mensuelles. C'est une bonne saison pour les amateurs d'architecture et de musées, à condition d'accepter quelques jours gris.
Conseils pratiques
Nous recommandons 4 à 6 jours pour bien couvrir Alger et son littoral : 2 jours pleins dans la capitale (Casbah, Bardo, Notre-Dame d'Afrique, jardin d'Essai), une journée à Tipasa et au mausolée royal de Maurétanie, puis 1 à 2 jours vers Béjaïa et la Kabylie maritime si vous souhaitez prolonger vers l'est. Le point d'entrée logistique est l'aéroport Houari Boumediene d'Alger, desservi par des vols directs depuis Paris, Marseille, Lyon, Montréal et plusieurs capitales européennes.
La région se combine naturellement avec la Kabylie et les Hauts Plateaux, à 3 heures de route à l'est, pour ajouter une dimension montagne et villages berbères. Pour un voyage plus long de 12 à 15 jours, nous articulons souvent Alger comme porte d'entrée avant un vol intérieur vers Tamanrasset ou Djanet pour le Hoggar et le Tassili n'Ajjer. Le niveau de confort à Alger est correct, avec quelques hôtels de standing international et plusieurs maisons d'hôtes à Sidi Fredj ou Tipasa. Cette région convient aux voyageurs intéressés par l'histoire, l'architecture et la gastronomie, ainsi qu'aux familles, les distances étant courtes et les routes en bon état.


