Conseils à un futur Meharist en pays Touareg

Conseils à un futur Meharist en pays Touareg

1. Le Chameau : amis en Tamashek

Le premier jour de la méharée, chacun se voit confié un chameau et son harnachement.

  • Une selle : tarik.
  • Deux ou trois tapis de selle : isetfar.
  • Une  rêne : tarant.
  • Une entrave : tefart.

2. La selle: Tarik

Elle se compose d'une assiette portant, une croix à l'avant, un dossier à l'arrière. Cette selle se place en avant de la bosse du chameau, fixée par une sangle sous le ventre de la bête.

Sur le chameau, ne pas s'appuyer au dossier de la selle et garder le buste droit.

3. Comment monter sur le chameau

Ce dernier étant  "baraqué", c'est-à -dire couché les pattes repliées, il faut toujours aborder le chameau par la gauche. La main gauche saisit la croix de la selle à sa base, tout près de l'assiette. La main droite prend appui sur le haut du dossier. Passer alors la jambe droite entre la croix et le dossier. Etant en selle,  poser immédiatement les pieds sur le cou de l'animal.

Il est important: 

  • De ne jamais se cramponner aux branches de la croix qui sont très fragiles et qui cassent facilement.
  • De toujours mettre le milieu du pied sur le cou du chameau et non la pointe qui a tendance à glisser.
  • De préférence, il faut se mettre pied nu. Les chaussettes ont tendance à glisser et à vous déséquilibrer. 

L'animal se relève en dépliant d'abord les pattes arrière. On évite le déséquilibre en s'appuyant fortement sur le cou. Puis, ce sont aux pattes de devant de se redresser mais celle-ci posent moins de problèmes au néo-méhariste !

4. La rêne : Tarant. Comment guider son chameau?

Pour le chameau exclusivement de selle, la rêne est généralement fixée à un anneau métallique qui perce la narine droite de l'animal et passe sous le cou afin d'être toujours tenue à gauche de la tête.

Pour le chameau de bagage, et même pour certains, de selle, la rêne prend dans un nœud coulant la mâchoire inférieure et la langue de l'animal. Cette rêne porte le nom d’akala.

  • Pour avancer, donner quelques petites secousses sur le cou avec le pied placé le plus en avant.
  • Pour aller à droite, tirer la tarant légèrement à droite. Pour aller à gauche, agir de même vers la gauche.
  • Pour arrêter l'animal, tirer fortement la rêne en arrière, mais non violemment.
  • Dans les descentes, relever la tête du chameau en raccourcissant la tarant en la maintenant horizontale, de façon à bien appuyer sur le cou avec les pieds. Tendre au maximum la jambe avant et la raidir. On évite ainsi à la selle de glisser en avant. On peut aussi se tenir d'une main à la touffe de poils recouvrant la bosse.
  • Dans les montées au contraire, se mettre en avant, laisser la rêne plus lâche afin que le chameau puisse allonger le cou dans l'effort.

5. Comment descendre de chameau? 

  • Conduire l'animal vers un endroit dépourvu de cailloux.
  • Raccourcir la tarant, tirer vers le bas tout en appuyant avec le pied plusieurs fois fortement sur le cou en émettant le son "che-che-che".
  • L'animal se met à genoux. Continuer à bien prendre appui avec les pieds et laisser du "mou" à la tarant.
  • Le chameau termine son baraquage par les pattes arrière.
  • Descendre toujours du côté gauche en passant la jambe droite par-dessus la croix de la selle.

Ensuite : 

  • Enlever le matériel pendu à la selle.
  • Détacher la selle et la poser avec soin sur le sol.
  • Enlever les tapis de selle.
  • Entraver l'animal aux pattes de devant.
  • Enlever la tarant.

IMPORTANT

  • Au début et durant tout le temps de la méharée, le méhariste ne doit jamais monter et descendre seul de son chameau. Les Touaregs seront toujours là  pour l'aider et le conseiller.
  • L'expérience nous a appris que beaucoup d'entre vous aimeraient monter et descendre de leur chameau sans l'aide des Touaregs, le diriger d'une façon un peu indépendante par rapport à la caravane, le faire trotter, voire galoper. Or, cela n'est pas possible et vous comprendrez pourquoi après ces quelques petites mises au point.
  • Les Touaregs craignent que vous tombiez et que vous vous blessiez. Ils seraient très ennuyés pour vous bien-sûr, mais risqueraient aussi de subir un préjudice dans leur emploi. Dans un but de sécurité, ils vous surveillent beaucoup et se sentent responsables de vous. En cas de chute grave, il faut aussi savoir que le transport d’un blessé n’est souvent pas facile et que les centres de soins sont éloignés et difficiles à joindre.
  • Les chameaux ainsi que les selles sont pour les Touaregs un véritable capital. Si vous blessiez un chameau ou si vous cassiez une selle, ce serait une catastrophe. Un bon chameau de selle coûte (en 2000) entre 30 et 50.000 DA. Les selles qui viennent du Niger son difficiles à trouver et leur prix est très élevé.
  • Vous avez l'impression de faire bon ménage avec votre monture. Sachez que votre chameau peut avoir des réactions inattendues vis à vis par exemple d'un bruit inhabituel, d'un objet inconnu, d'un mouvement violent à ses côtés, d'un autre chameau qui court, etc. Pris isolément, un chameau n'a souvent pas les mêmes attitudes qu'en groupe. Par exemple, resté en arrière de la caravane, il se relèvera très brusquement au moment même où vous le monterez alors que, d'habitude, il le fait en douceur. C'est que, il est pressé de rejoindre les autres, et vous, vous risquez fort d'aller à terre ! Les chutes sont très souvent dangereuses compte tenu de la hauteur de l'animal et de la nature caillouteuse du terrain.
  • Le chameau, élevé en troupeau, n'aime pas se différencier des autres. Pourquoi courir, tourner à droite, tourner à gauche, ralentir, rester en arrière, alors que les autres suivent la caravane ? Ils sont habitués à rester ensemble, et à aller à l'allure ordinaire qui est le pas. Si vous vous amusez à le faire sortir de la caravane inutilement et sans but, il risque de finir par s'énerver. De plus, aux yeux des Touaregs, s'amuser ainsi, c'est fatiguer inutilement les bêtes qui trouvent difficilement leur nourriture dans des pâturages peu abondants ou secs.
  • Faire galoper un chameau est un exercice qui demande une très longue pratique et il est très difficile de rester en selle. De plus, on ne doit pas faire courir un chameau n'importe quand : c'est très mauvais par exemple s'il est resté longtemps au repos, s'il vient de boire ou de manger de l'orge. En outre, en méharée, les selles ne sont pas fixées pour la course mais pour la marche ordinaire.

Bonne méharée !

N.B. Il est totalement faux que monter sur un chameau donne le mal de mer !

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