Hoggar

Généralités sur le Hoggar (Ahaggar en Tamahaq)

"L'Ahaggar est la partie la plus méridionale du Sahara algérien, située approximativement entre les 20e et 25e parallèles de l'hémisphère Nord et les 3e et 7e degrés est du méridien de Greenwich. La superficie du Hoggar est de 480 000 km². Tamanrasset, la capitale administrative, se trouve à 2000 km au sud d'Alger (distance par la route) ; le tropique du Cancer se situe approximativement à 85 km au nord de Tamanrasset.

L'Ahaggar est limité au nord par le Tidikelt et le Touat (In Salah est à 700 km de Tamanrasset), à l'est par le Tassili n'Ajjer (Djanet est à 700 km), au sud par le Niger (Agadès est à 900 km), au sud-ouest par le Mali (Kidal est à 840 km). Le Tanezrouft borde l'Ahaggar à l'ouest, le Ténéré le limite au sud-est. La frontière algéro-nigérienne se situe à 430 km au sud de Tamanrasset, à In Guezzam.

Le centre de l'Ahaggar est constitué par un massif cristallin appelé Atakor en tamahaq. A travers ce socle précambrien sont apparus, au tertiaire et au quaternaire, des appareils volcaniques importants qui donnent cet aspect grandiose au panorama de l'Atakor. Les plus hauts sommets approchent 3000 m, beaucoup dépassent 2500 m. La Tahat atteint 2918 m, l'Ilamane 2760 m, le plateau de l'Assekrem 2728 m. Ces extrusions, dont on compte près de cinq cents sur une surface de quelques 400 km², sont formées soit de phonolites alcalines, soit de trachytes, quartzifères ou non. Elles traversent une série de coulées basaltiques subhorizontales qui leur sont à peu près contemporaines. Le volcanisme date probablement du tertiaire récent. Les dernières manifestations basaltiques sont quaternaires subactuelles (coulées de vallées)." (Marceau Gast).

Populations de l'Ahaggar

"Le vide démographique de l'Ahaggar semble avoir été un mal ancien dans ce pays. Plusieurs faits de l'histoire orale ou des légendes populaires concernant en particulier l'origine des tribus le confirment. Les Kel Rela, dernière famille régnante, prétendent être issus d'une reine berbère venue du Tafilalet avec sa servante et dont les tombeaux se situent près d'Abalessa (80 km au N-O de Tamanrasset). Tin Hînan faillit mourir de faim avant d'atteindre l'Ahaggar et vint s'installer pacifiquement dans cette région qu'elle trouva déserte ou presque. En effet, quelques idolâtres, les Isebeten (Issebetènes) habitaient le massif de la Taessa, partie la plus inaccessible de l'Atakor. Tin Hînan aurait engendré les Kel Rela. Takama la servante, serait l'aïeule de trois importantes tribus : celle des Dag Rali, des Aït Loaien et des Kel Ahnet. Quelle que soit la valeur de la légende ci-dessus, la tradition orale indique l'existence des Issebetènes, gens très primitifs et idolâtres, peu combatifs, peu nombreux et complètement isolés. Certains individus parmi les Dag Rali, bien qu'avec pudeur, disent encore aujourd'hui descendre des Issebetènes." (Marceau Gast).

Nos différents circuits dans le centre du Hoggar traversent principalement les territoires des tribus Dag Rali et Adjouh n'Téhélé. "Les Adjouh n'Téhélé se sont enfuis de l'Aïr (In Gal), entre 1750 et 1800, laissant une partie des leurs qui s'appellent aujourd'hui les Kel Arafsa" (Marceau Gast). Un territoire bien défini leur a été attribué depuis dans le Hoggar. Les tribus Dag Rali et Adjouh n'Téhélé étant géographiquement très proches, ont établi entre elles de nombreux liens de parenté. Les citations de Marceau Gast sont tirées de l'ouvrage "Alimentation des populations de l'Ahaggar" (Mémoires du C.R.A.P.E, Alger. Arts et Métiers Graphiques, 1968).

Le Parc National du Hoggar

Tous les voyages que nous programmons dans les Tassili sont situés dans le parc dont nous sommes tenus de respecter le règlement. Tout visiteur doit remplir un formulaire et Détours Algérie acquitte une taxe d’entrée (comprise dans le forfait du voyage) qui est utilisée pour l’entretien des sites.

La flore

Les mots écrits en italique sont en tamacheq. Nous précisons lorsqu'il s'agit de mots arabes (ar.).

Le Sahara Central possède une flore loin d'être négligeable. Il suffit de regarder autour de soi durant les voyages pour en être convaincu. Arbres et arbustes, souvent épineux, peuvent résister à la sécheresse durant plusieurs années. Des plantes éphémères nombreuses poussent pratiquement partout dans le fond des oueds, sur les plateaux où demeure un peu de terre, entre les dunes des ergs et sur leurs pentes dès que des pluies de quelque importance et mieux, répétitives, s'abattent sur le pays. Ces plantes sont le pâturage le plus important chez les sahariens qui l'appellent akasa ou acheb (ar.). Les arbres rencontrés le plus souvent sont des acacias de différentes espèces : l'Acacia raddiana ou abser et talha (ar.), l'Acacia erhenbergiana ou tamat et l' Acacia albida ou ahates. Dans les oueds de montagne, on rencontre aussi deux tamaris (tabarakat et azawa), un épineux, la taboraq ou en arabe atil (Maerua crassifolia), la telokat qui est un ficus, la tabakat, qui est un jujubier (Ziziphus lotus).

Partout pousse le Pommier de Sodome (Calotropis procera) ou torha. Des plantes et des buissons sont particulièrement adaptés au manque d'humidité. Ils assurent la survie des animaux domestiques et sauvages durant les longues périodes de sécheresse. On peut citer, aimant particulièrement le sable, l'arassou (Caligonum comosum), la touloult (Aristida pungens, drinn ou sbot suivant les régions en arabe), la célèbre tahara ou had (ar.) des nomades arabes (Cornulaca monocantha), l'aginast (Moltkia ciliata) aux petites fleurs bleues.

Sur les plateaux, dans les oueds et en montagne, poussent : la tassa (Anabasis articulata) qui brûle même humide, l'aramas (Atriplex halimus) et l'issin (Salsola foetida) qui apportent du sel aux animaux, tout comme d'ailleurs le tamaris, l'afazou (Panicum turgidum. Mrokba, ar.) aux cruelles épines, l'ana ou anag (Leptadenia pyrotechnica).

Les plantes éphémères qui apparaissent avec les pluies sont, pour les plus habituelles : la tanetfert (Pulicaria crispa) laquelle donne un goût amer à la viande et au lait des animaux qui la broutent, la tahana (Heliotropium ondulatum), l'alouat (Schouwia purpurea), la taïnast (Echium humile), l'alka (Trichodesma agricanum) à l'aspect de bourrache, l'egzei-fuk (Lupinus tassilicus) aux magnifiques fleurs bleues, etc…

La faune

Les mots écrits en italique sont en tamacheq. Nous précisons lorsqu'il s'agit de mots arabes (ar.).

Très chassés, les grands animaux tendent à disparaître. C'est le cas de la gazelle et du mouflon, ce dernier résistant mieux car il peut se cacher dans la montagne. Les carnassiers sont toujours présents : chacal (ebegi),renard famélique, fennec, chat sauvage (Felix sylvestris).

Quant aux rongeurs, ils restent nombreux. On peut noter les gerboises et les gerbilles, les mériones, les goundis, diverses espèces de rats et de souris. La famille des procanidés est représentée par de petites colonies de damans de rocher qui, comme leur nom l'indique, vivent dans les rochers, non loin des oueds où ils peuvent trouver leur nourriture, en particulier, les feuilles de l'acacia.

La famille des lagomorphes est, elle, représentée par le lièvre du Cap.

Les lézards sont nombreux. On peut noter plusieurs variétés d'agames appelés el rechaba, des geckos, ou amatartar et tamekwart, le fouette-queue ou Uromastix qui est l'agezeram des Touareg ou le dob des Arabes, le varan du désert, arata, qui est le plus grand des lézards du Sahara. Les lézards les plus fréquents sont de plus petite taille et appartiennent pour la plupart à la famille des Acanthodactyles.

Les serpents sont surtout représentés par deux espèces dangereuses :

  • La vipère des sables (Cerastes vipera) qui, comme son nom l'indique, vit dans les régions sablonneuses, en particulier dans les ergs.
  • La vipère à cornes (Cerastes cerastes) qui préfère les oueds caillouteux.

Ces deux espèces chassent la nuit et entrent en hibernation durant la période froide. Les couleuvres se rencontrent assez souvent. L'espèce la plus fréquente est le Serpent des Sables (Psammophis shokari). En tamacheq, la vipère se nomme tachelt (ar. lefaâ), et la couleuvre achel.

Les scorpions apparaissent eux aussi avec les chaleurs.

Les oiseaux qui se remarquent fréquemment sont les corbeaux toujours à l'affût des restes de nourriture laissés aux bivouacs, le traquet à tête blanche, ce fameuxmoula-moula des Touareg. Il y a aussi la buse féroce, lefaucon (tamida), le hibou ( bouhan). La nuit, on peut entendre la chouette (tawik).

Gravures et peintures rupestres

Nous vous recommandons de découvrir sur Internet l’excellent dossier réalisé par Denis Lionnet, sur le site de FuturaSciences : http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier232-1.php. Denis Lionnet est par ailleurs le concepteur du site www.ennedi.free.fr, la référence en français sur le sujet.

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