Grand Erg Occidental

Géomorphologie de l'erg

Les géologues estiment que cet erg a commencé à s'édifier au quaternaire, il y a plus de 31000 ans, au moment ou l'aridification saharienne a été suffisante pour libérer le sable de l'emprise végétale. Le sable est soit rouge et grossier, soit jaune et fin ; il est quasi-exclusivement composé de grains de quartz (un peu de zircon et de tourmaline) compris entre 0,5 et 0,05 mm. Ce sable n'a pas été apporté par le vent ; cet erg s'est nourri des alluvions de trois fleuves quaternaires venus de l'Atlas (Zousfana, Gharbi, Saoura), à une époque plus humide ; il recouvre aujourd'hui leurs anciennes zones d'épandage.

De 6000 à 4000 ans avant notre ère, grâce à une amélioration climatique (néolithique humide) l'erg s'est couvert de végétation et de nombreux lacs sont apparus dans les dépressions enserrées par les dunes. Depuis 3 000 ans la péjoration climatique a fait disparaître une grande partie de la végétation, obligeant les pasteurs à quitter l'erg.

Flore

Voici quelques plantes qui poussent encore entre les dunes : rtem (Retama, genêt à fleurs blanches), lazal et alenda (deux arbustes), tasekra (sorte de chardon), had (excellent pâturage à chameau, Cornulaca monocantha) et drinn (Aristida pungens, graminée). Après une bonne pluie, un pâturage de plantes annuelles (acheb) existe également et fait la joie des chameaux et des troupeaux.

On peut considérer que l'erg est fixé. Seul son aspect superficiel se modifie (lignes de crête, sif). Une excellente preuve de cette fixation est l'emplacement immuable des puits importants.

Faune

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la faune n'est pas absente de l'erg. Outre les végétaux parfois très abondants dans les dépressions et les cuvettes, une multitude de petites traces prouve que la faune est bien présente : chameaux au pâturage, gazelles (rym en arabe, Gazella dorca), lièvres, hérissons, fennecs, gerboises et gerbilles, oiseaux divers dont le fameux corbeau toujours de service autour des bivouacs !

Vipères (lefaa en arabe, Cerastes vipera) et scorpions sont exceptionnellement visibles à l'époque des voyages. Le scinque (Scincus scincus), ou poisson des sables, est souvent capturé par les enfants. Les insectes sont essentiellement représentés par les coléoptères.

Histoire du Gourara

Le Gourara est la bordure Sud-Ouest du Grand Erg Occidental. Timimoun est l'oasis la plus importante de cette région ou s'est développée une multitude de petits villages. On en compterait plus de cent. Une histoire précise du Gourara est difficile à établir du fait du manque de documentation écrite.

Au néolithique, cette région était certainement très peuplée. De nombreux éclats de silex taillés jonchant le sol l'attestent. Les deux tiers des villages ou "ksour" ont un parler berbère : le zénète. Cette prédominance a été autrefois plus marquée si l'on s'en réfère aux noms des villages.

Les Zénètes sont mentionnés pour la première fois dans l'histoire du Gourara au VIIe siècle. A cette époque, des populations d'origine juive et soudanaise occupent la région. Ensuite, la conquête arabe pousse d'autres tribus zénètes à chercher refuge au Gourara et au Touat. Au Xe siècle, c'est la chute de l'empire Obeïdite et de nouvelles tribus zénètes suivies de populations d'origine arabe s'installent à nouveau au Gourara. Le XIIe siècle marque la fin de la mise en place des populations Zénètes .

Comme nous l'avons dit, ces tribus ont trouvé la région peuplée par des populations juives si nombreuses qu'elles se judaïsèrent. Du fond judéo-berbère sont issus les zénètes actuels. D'abord nomades, ils se sédentarisèrent et construisirent de nombreux ksours . Le processus fut identique pour les tribus arabes dont l'installation se poursuivit au XIIe siècle puis au XIVe, au XVIIIe et au XXe siècle. En 1900, les chambaa suivirent l'installation française.

La vie au Gourara

Les villages sont nichés au pied d'énormes châteaux-forts en pierre ou en argile. La tradition orale veut que les plus anciens aient été édifiés vers le Xe siècle. La grande période de construction se serait terminée vers le XVIe siècle. La plupart de ces forteresses ont été abandonnées de façon définitive durant la seconde moitié du XIXe siècle, certainement à cause du manque d'eau. Chaque village possède une palmeraie. On estime que le Gourara compte entre 450 et 600000 palmiers, mais les rendements sont faibles. Suivant les espèces, un palmier peut donner des fruits seulement une fois tous les deux ans, de 12 à 100 kg. Dans la palmeraie se trouvent les jardins où l'on cultive céréales (blé, orge, sorgho, mekrout) et légumes variés. L'irrigation se fait, soit par le système de foggara, soit par des puits à balancier et, de plus en plus, grâce à des pompes. L'élevage n'est pas très important : quelques chameaux, des moutons "dahmanes"' et des chèvres.

Les foggaras

Le réseau de ces canalisations souterraines, drainant les nappes aquifères contenues dans les grès, sont peut-être l'aspect le plus étonnant de cette région. Si le principe existe ailleurs, nulle part il n'est autant développé : du Touat au Gourara, ce ne sont pas moins de 200 km de galeries qui ont été creusées. Seules les oasis installées à proximité d'un plateau peuvent bénéficier de ce mode d'irrigation continu. Les oasis de l'erg doivent tirer l'eau des puits.

Le drainage de l'eau est réalisé par une galerie très légèrement inclinée, dont le point de départ est le niveau des jardins. Par des puits verticaux espacés de 10 à 20 m, profonds parfois de plus de 40 m et d'un diamètre de 60 à 80 cm, ensuite reliés par une galerie de même diamètre en pente douce et régulière jusqu'à pénétrer dans la nappe phréatique. La galerie fonctionne alors comme un puits à l'horizontal ! La différence est que s'écoule par gravitation, sans plus d'effort qu'un curage régulier, que les puits-cheminées de le construction facilitent. L'abattement de la nappe, par épuisement ou par péjoration climatique, impose au fil des siècles de surcreuser les puits pour refaire des galeries à un niveau inférieur. La conséquence majeure est le déplacement en aval des jardins, quand le terrain le permet. Les jardins sont donc coincés entre le degré de salure des terres, de plus en plus élevé quand on s'approche des sehkras - salinité augmentée par le lessivage des sols dû à la fumure et l'irrigation ! - , et le niveau de la nappe en amont. D'où, pour partie, l'abandon de sites au fil de l'histoire, et la multiplicité des ruines.

On mesure l'effort humain consenti par les esclaves employés à ces tâches titanesques, armés seulement de pics et de couffins. Faute d'entretien, une grande partie de ces foggaras est aujourd'hui abandonnée, écroulée.

Timimoun

La ville ocre est implantée au bord de la hamada caillouteuse et domine une riche palmeraie en bordure de la sebkha rose et blanche ; au loin une mer de dunes entraîne l'œil vers l'infini. Timimoun la "flamboyante" fait partie de la trilogie des villes rouges avec Adrar et In Salah, toutes construites d'argile dans le même style néo-soudanais.

C'est au capitaine français Anthénour que la ville doit son caractère africain. Il fit construire au début de 1900 la porte du Soudan, le siège de la Daira, la mosquée et surtout l'hôtel de l'Oasis Rouge, véritable joyau aux murs entièrement sculptés de motifs berbères. La construction du Ksar date de l'empire almohade, au XIIème siècle. Dans le Ksar, les ruelles étroites couvertes, les habitations encastrées les unes dans les autres permettent une climatisation naturelle. Passages et boyaux s'entrecroisent entre les hautes murailles ocre foncé, labyrinthe qui mène à la palmeraie, havre de verdure et de fraîcheur.

Guidée par le bruissement de l'eau dans les séguias, on découvrira une palmeraie très riche. Trois étages de cultures sont constamment entretenus. Les palmiers font de l'ombre à des arbres fruitiers qui abritent à leur tour les cultures potagères et céréalières.

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